Interview

Thème développé par M. Serge Tarassenko à l'occasion d'une interview à
Bruxelles en novembre 2005 pour le magazine Le Roseau, trimestriel
d'information chrétienne en Belgique francophone.

“Temps exceptionnels dans le cheminement de la Connaissance.”

L’opportunité du débat création-évolution, si caractéristique du face à face science-
christianisme dit “évangélique”, se verrait être radicalement remise en question si
l’on réalisait le début du livre de la Genèse (de la Bible) dans sa version originale.
Dans cette re-lecture, celle par exemple du premier verset du premier chapitre,
“Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre”, on aurait plutôt lu :

“Au commencement de la mise en œuvre de son dessein, Celui-là seul qui est UN crée
le monde de l’esprit et celui de la matière.”

Le mot hébreu “reshit”, traduit ici par “dessein”, signifie mot pour mot :

“…pour un principe et par un principe”.

En somme, le principe par lequel et dans lequel la dualité “matière-esprit” peut
exister. Et c’est ce même principe qui en constitue la raison d’être, la finalité.

Il faudra attendre la publication des lettres de St Paul aux églises de son époque, en
particulier celle à l’église de Colosses, pour identifier le réel de ce principe. En effet,
dans Colossiens chapitre 1, à la fin du verset 16 et au verset 17, nous lisons ces
paroles :

“En fait, toutes choses ont été créées par Lui et pour Lui. Il est avant toutes choses et
c’est en Lui que toutes choses cohèrent.”

Il s’agit ici de Christ, avant même, pendant et après qu’Il ait été l’Incarné Jésus. Au
second verset de ce même premier chapitre du livre de la Genèse, il est question
d’une

“…terre informe et vide dont la surface est couverte de ténèbres, au-dessus de laquelle
se meut l’Esprit de Dieu.”

En hébreu, cette image ténébreuse de vide sans forme, ni apparence de dessein, est
décrite par un mot composé “tohou-bohou”. Tohou, littéralement, signifie “désolation”,
et le sens de bohou est donné par un début de phrase inachevée :

“en Lui, c’est…”

Ce manque de forme, ce vide, ces ténèbres auraient produit sur un observateur
hypothétique de ces temps du commencement de toutes choses, un effet de
désolation. Car il aurait été désespéré de n’y voir aucun dessein. Et pourtant – c’est
là le sens du deuxième mot – c’est “en Lui, et en Lui seul” que toutes ces choses, ce
commencement, ont une signification réelle et ultime. L’Esprit de Dieu, par sa
mouvance dans notre histoire, a été, est, et sera toujours le porteur d’un tel message.

Ici encore, la lettre de St Paul aux Colossiens se fait l’interprète de ce message par
les paroles que nous avons déjà soulignées précédemment, à savoir :

“c’est en Lui que toutes choses cohèrent (ont un sens)”

Le début du verset 16 le confirme en disant :

“Car c’est en Lui que toutes choses de l’esprit et de la matière, invisibles et visibles, ont
été créées”.

Ainsi, dès les deux premiers versets du premier chapitre du premier livre de la Bible,
Christ est annoncé, comme en filigrane. Ce Christ qui était, avant qu’Abraham ne fût,
Celui en qui toutes choses non seulement cohèrent, mais sont appelées à prendre
leur sens et leur finalité.

Nous sommes loin de la version limitée de l’école créationniste, en guerre contre
l’évolutionnisme, philosophie qui a repris les données scientifiques de la structuration
des espèces pour partir en guerre contre les thèses étriquées du créationnisme.

Prenez également ce qui constitue l’une des pierres angulaires de ce qui semble
permettre la vision créationniste des six jours calendaires ayant présidé à la
création. Cette interprétation se base sur les paroles :

“Il y eut un soir, il y eut un matin, et ce fut le n-ième jour.”

En hébreu, le mot qui a été traduit par “soir” est “ereb”. Ce dernier traduit la réalité
d’une époque dans le temps qui était et qui, petit à petit, s’estompe. La traduction
fait appel à quelque chose de connu qui pourrait illustrer cette époque qui était, mais
qui s’efface. Le mot “soir” fournit cette excellente illustration, sans que pour cela le
mot “soir” traduise le mot “ereb”. De la même façon, le mot “matin” illustre quelque
chose qui n’était pas et qui apparaît progressivement, sans que le mot “boquer”
accepte “matin” comme traduction.

Effectivement le récit dans le premier chapitre de la Genèse est jalonné par une série
d’ères (ou d’époques) qui s’effacent progressivement pour laisser la place à
l’apparition, également progressive, de l’ère suivante. De prétendre qu’il s’agisse ici
de jours calendaires voile difficilement une ignorance délibérée, quand ce n’est pas
du mépris, pour le texte original en hébreu.

Un autre point intéressant du livre de la Genèse concerne l’utilisation du présent
dans le récit de l’apparition de l’Univers et de l’homme. Ce qui permet de dire que
rien n’est achevé, tout est en cheminement constant vers le point final, l’apothéose
de la fin des temps, de l’espace et du monde de la matière. Cette dernière aura servi
de support temporaire, d’enveloppe en quelque sorte, à ce qui est permanent,
indépendant du temps et de l’espace.

L’être humain, entre autres, y est présenté comme un réel invisible, éternel, animant
une enveloppe visible et temporelle, caractérisée par ce qui constitue l’aspect
biologique de sa nature terrestre, depuis les constituants les plus élémentaires de la
matière jusqu’à ses facultés cérébrales les plus sophistiquées.

Nous vivons dans des temps exceptionnels, dont l’un des aspects les plus intrigants
réside dans cette quête, cette recherche par des scientifiques d’un sens ultime au
drame humain, somme toute à l’homme et son histoire. (Voir l’ouvrage récemment
publié par les Presses de la Renaissance, “Science et quête de sens” dans lequel des
scientifiques du plus haut niveau, dans des domaines variés, dont quatre prix Nobel,
s’expriment à travers des positions diverses, sur une évolution de la connaissance
scientifique qui va bouleverser notre vision du monde à travers la recherche de son
sens).

L’autre aspect provient de l’avènement de la Nouvelle Physique. Cette discipline s’est
formée à la suite de découvertes scientifiques effectuées dans les trente premières
années du vingtième siècle. Elles ont surtout surgi à la suite d’une exploration
approfondie de l’univers sub-atomique. Les scientifiques de l’époque ont ainsi été
amenés à faire face à une réalité étrange et imprévue qui semblait défier la
cohérence jusque-là admise d’une description cartésienne de l’univers. Ils ont réalisé
avec beaucoup de difficultés que les concepts mécanicistes (terme emprunté au
physicien Bernard d’Espagnat dans “Science et quête de sens”) issus des travaux de
Descartes et Newton, le langage et la façon de penser utilisés pour les formuler, tout
cela était totalement inadéquat pour décrire les fruits de leurs découvertes.

Les problèmes conséquents étaient non seulement d’ordre intellectuel, mais ont
produit une crise d’ordre existentiel. Il a fallu de longues années pour surmonter
cette crise. Toutefois, ils ont émergé solidement dotés d’une faculté de vision
approfondie de la nature de la Matière et de sa relation directe avec l’esprit humain.

Ces nouveaux concepts ont amené un bouleversement considérable de notre vision
de l’univers et de l’homme. Quittant le concept mécaniciste de Descartes et Newton,
nous arrivons maintenant à développer et utiliser une vision holistique et écologique,
vision ô combien proche de celles que découvraient les mystiques de toutes époques
et traditions.

Plus frappant encore, cette nouvelle vision, tout en utilisant un langage de
description différent, converge vers celle développée dans ce livre appelé la Bible, et
qui ne cessera d’étonner. Surtout lorsqu’il nous est donné de remonter aux textes et
langues d’origine, qu’il s’agisse de l’hébreu ou de l’araméen, sans mentionner
certains aspects du grec.

La Nouvelle Physique nous éclaire sur ce que doit être l’ultime Réel, invisible,
indépendant du temps et de l’espace. Il s’agit d’un Ordre implicite, non directement
manifesté, qui “soutient” et rend possible le Visible, le mesurable, le concevable. Cet
Ordre contient tout ce qui a été, qui est, et qui apparaîtra encore dans notre
continuum espace-temps. Ce qui est “événement”, que ce soit au niveau sub-
atomique ou dans l’histoire des hommes, n’est possible que grâce au fait que les
“ingrédients”, les éléments source de cet événement ont “toujours été”, faisant partie
intégrante de l’ultime Réel, cet Ordre qui rend ainsi l’événement possible dans notre
continuum espace-temps. Que dire alors de ce texte quelque peu cryptique du livre
de l’Ecclésiaste dans la Bible,

“Ce qui est, c’est ce qui a été, et ce qui sera, c’est ce qui a été” ?

Le “est” et le “sera” contenus dans ce qui a “été”.
En fait, ce qui ressort d’une lecture approfondie des textes des Saintes Ecritures,
c’est l’importance capitale de ce qui EST. Car ce qui est appelé à EXISTER ne sera
que l’apparence, la manifestation visible de ce qui EST, invisible certes, mais
contenant tout ce qu’ont été, sont et seront les manifestations, les “événements”.
Le Christ-Jésus, parce qu’Il est celui par qui, en qui, et pour qui tout existe, se révèle
comme la cohérence ultime de toutes choses, comme nous l’avons déjà vu
précédemment.

Il peut, et désire projeter dans notre existence, dans notre vie quotidienne, Celui qui
a fait au peuple juif cette déclaration solennelle :

“JE SUIS CELUI QUI SUIS”

C’est une projection qui se manifeste dans cette vie nouvelle offerte, vie nouvelle
parce qu’elle manifestera la cohérence ultime de tout ce qui nous arrive, de tout ce
que nous vivons. C’est ainsi que nous sommes appelés à découvrir une paix
extraordinaire, en particulier dans les périodes d’adversité. Parce que cette paix
constitue la garantie tangible que nous faisons partie de cette cohérence ultime de
notre existence, sans que pour cela il soit possible d’expliquer, d’analyser cette
cohérence. Somme toute, une paix qui transcende toute intelligence.

Et que dire de la prière, dans ce vécu d’une cohérence inexplicable et totale ? Elle
devient cet élan qui nous introduit, au sein du plus profond de nous-même, dans ce
qui a toujours été, de tout temps. Elle se transforme en cette assurance du tout
prêt, depuis toujours. Elle se réjouit de cette invitation à…

…“venir, car tout est prêt”.

Car elle ne demande plus que quelque chose de ce que NOUS désirons se
manifeste, elle se réjouit plutôt de réaliser que

“tout est effectivement prêt”.

Nous n’avons aucune conscience de ce “tout”, mais nous vivons cette assurance
selon laquelle ce qui est à même de se manifester ajoutera un degré de plus à
l’harmonie de notre existence, même (et quelque fois surtout !), s’il s’agit d’une
forme d’adversité inattendue. Au fait, parle-t-on ici de la prière… ou de la foi ?
Ou des deux, se soutenant mutuellement ?
Cette vision d’un Réel ultime, qui transcende tout ce que la science du matérialisme
cartésien affirmait être la réalité et qui n’est qu’apparence, a défié la connaissance
depuis toujours. N’est-ce-pas le physicien danois au grand renom, Niels Bohr, qui
déclarait :

“la Science ne décrit pas l’Univers tel qu’il est, mais tel que l’homme le ressent”.

Cette description par la Science, qui est rendue possible grâce au fait que l’homme
“ressent”, trahit son inéluctable caractère de subjectivité absolue. Après tout,
l’homme ne fait que se projeter dans ce qu’il énonce suite à ses expériences, et qu’il
appelle Science.

Vision du Réel ultime… un pressentiment en fait, mais d’une puissance telle qu’il est
capable de transformer notre société et notre culture. On le trouve même ancré dans
l’extraordinaire interrogation des frères Bogdanov, deux physiciens qui, comme tant
d’autres, se sont posés la question de savoir ce qu’il y a, ce qui s’est passé…

…“avant ce commencement de toutes choses appelé le Big Bang”.

La préface de leur ouvrage “Avant le Big Bang” (publié en 2004), du professeur
Arkadiusz Jadczyk, est suivie d’un avertissement au contenu remarquablement en
harmonie avec ce que le face à face “Nouvelle Physique et Bible” nous a montré
jusqu’ici. Voici un extrait de cet avertissement :

“Mais y a-t-il encore un autre monde ? Quelque chose qui serait "en dessous” du monde
quantique ? Un univers “plus petit que tout” et qui aurait une taille nulle ? Ce monde-là,
ce troisième monde, existe bel et bien. Nous l’avons découvert au-delà de la tempête
quantique, tout au fond du cône de lumière. Là-bas, la matière, l’énergie, toutes les
forces qui nous sont familières, ont disparu. C’est le point zéro de l’Univers. Sans
dimensions, hors du temps, information pure. Invariant, immuable, reflet de l’ordre le
plus élevé que puisse concevoir l’esprit humain, il ne peut être décrit que par une
“métrique” mathématique totalement différente…

…Celle-ci est gouvernée par une symétrie dont l’harmonie mathématique est inconnue
dans notre monde. Qu’est-ce-que cela signifie ? Simplement, que la quatrième
coordonnée, celle du temps, n’est plus réelle mais imaginaire. Dans ce monde-là, il n’est
plus question de donner rendez-vous à quiconque : le rendez-vous à déjà eu lieu, il aura
lieu de toute éternité, du premier au dernier instant de l’Univers, en une totalité
fantastique, où tous les événements sont superposés sous la forme d’une seule et
formidable image globale”.

Qu’il s’agisse de ce “monde-là”, ou de l’Ordre implicite non directement manifesté,
contenant tout ce qui a été, est, et sera, ou bien encore de Celui en qui toutes ces
choses qui ont été, sont, et seront, trouvent leur cohérence, nous assistons à une
remarquable convergence, totalement imprévisible il y a un siècle.

Assurément, ces “visions” du Réel ultime, ces “pressentiments” issus des profondeurs
de notre être, nous interpellent plus que jamais. Qu’ils jaillissent de ce qui nous est
donné de vivre, soit au sein de la Nouvelle Physique, ou d’une lecture approfondie de
la Bible, ou encore du reçu mystique de la prière et de la foi en ce Christ qui
transcende nos religions, une chose est certaine : une force de rappel invisible nous
entraîne vers Celui qui, étant la cohérence ultime de toutes choses, ne nous avait
jamais…quittés.

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TEMPS EXCEPTIONNELS DANS L’EVOLUTION DE LA CONNAISSANCE
(Serge Tarassenko – physicien nucléaire – Swanage  – 7 mai 2006)

Nous vivons certes dans des temps exceptionnels, dont l’un des aspects les plus intrigants réside dans cette quête, cette recherche par des scientifiques, d’un sens ultime au drame humain, somme toute à l’homme et à son histoire. Je me réfère, entre autre, à l’ouvrage récemment publié en France par les Presses de la Renaissance et intitulé « Science et quête de sens », dans lequel des scientifiques du plus haut niveau, dont quatre prix Nobel, spécialisés dans des domaines très variés, s’expriment à travers des positions diverses. Ils abordent cette évolution de la connaissance scientifique qui va bouleverser notre vision du monde à travers la recherche de son sens.

L’autre aspect provient de l’avènement de la Nouvelle Physique. Cette discipline s’est formée à la suite de découvertes scientifiques effectuées dans les trente premières années du 20e siècle. Elles ont surtout surgi à la suite d’une exploration approfondie de l’univers sub-atomique. Les scientifiques de l’époque ont ainsi été amenés à faire face à une réalité étrange et imprévue qui semblait défier la cohérence jusque là admise d’une description logique, cartésienne, de l’univers. Ils ont réalisé avec beaucoup de difficulté que les concepts « mécanicistes » (terme emprunté au physicien français Bernard d’Espagnat dans l’ouvrage « Science et quête de sens ») issus des travaux de Descartes et Newton, le langage et la façon de penser utilisés pour les formuler, tout cela était totalement inadéquat pour décrire les fruits de leurs découvertes.

Les problèmes conséquents étaient non seulement d’ordre intellectuel, mais ont amené une crise d’ordre existentiel. Il a fallu de longues années pour surmonter cette crise. Toutefois, ils en ont émergé, solidement dotés d’une faculté de vision approfondie de la nature de la Matière et de sa relation directe avec l’esprit humain.

Ces nouveaux concepts ont amené un bouleversement considérable dans notre vision de l’univers et de l’homme. Quittant le concept mécaniciste de Descartes et Newton, selon lequel tout n’est qu’objets (atomes, planètes, etc.) dont la constitution et les mouvements sont régis par des lois rigides de mécanique, entièrement prévisibles, nous aboutissons à quelque chose de fondamentalement différent. Nous arrivons maintenant à développer et utiliser une vision holistique (l’univers et l’homme forment un tout indissociable, non séparable en disciplines individuelles), et écologique. Cette vision est ô combien proche de celles que découvraient les mystiques de toutes époques et traditions.

Plus frappant encore, cette nouvelle vision, tout en utilisant un langage de description qu’elle a elle-même développé, se rapproche étrangement de celle développée dans ce livre extraordinaire, qui ne cesse d’étonner, la Bible. Ce rapprochement dans les visions ne devient apparent que lorsqu’il est possible de remonter à l’hébreu pour l’Ancien Testament, de lire les commentaires des écoles rabbiniques, ainsi que de déchiffrer l’araméen, langue que Jésus a utilisée dans son enseignement. Bien entendu, n’oublions pas l’importance du grec comme langue d’origine pour saisir l’extraordinaire vision paulienne dans ses épîtres.

L’un des exemples les plus saisissants de ce rapprochement réside dans la vision de ce que sont réellement les vérités cachées derrière l’apparence des choses. En somme quel est ce Réel ultime, celui qui englobe toutes les vérités cachées ? Quel est le Sens et l’Aboutissement de toutes choses ?

Ainsi, d’un côté, c’est la Nouvelle Physique qui nous éclaire sur ce que doit être l’ultime Réel, bien sûr invisible, indépendant du temps et de l’espace. Ce Réel, c’est un ordre extraordinaire, dépassant toute imagination et explication. Il est « implicite », c’est-à-dire faisant partie de toutes choses, y compris la vie et les être vivants, sans qu’il soit directement manifesté en tant que tel. Cet ordre « soutient » et rend possible le Visible, c’est-à-dire tout ce qui apparaît, tout ce qui est mesurable, tout ce qui est concevable. Cet ordre « contient » tout ce qui a été, qui EST, et qui apparaîtra encore dans notre prison de l’espace-temps. Ce qui apparaît comme « événement » dans le visible de notre vécu, que ce soit au niveau des atomes ou dans l’histoire des hommes, n’est possible que grâce au fait que les « ingrédients », c’est-à-dire tous les éléments qui vont amener et former l’événement, ont « toujours été », parce qu’ils ont fait partie intégrante de l’ultime Réel, c’est-à-dire de cet Ordre, qui ainsi rend l’événement possible dans le contexte des apparences, dans l’espace et le temps.

De l’autre côté maintenant, c’est-à-dire dans une réponse biblique à notre question sur la nature de ce Réel ultime, on trouve entre autres ce texte quelque peu cryptique dans le livre de L’Ecclésiaste (Ecl. 3 :15) « Ce qui est, c’est ce qui a été, et ce qui sera, c’est ce qui a été ». En somme, le « est » et le « sera » ont toujours été contenu dans ce qui « a été ».

Ce qui se déroule dans notre vie, ainsi que ce qui est appelé à se dérouler dans l’avenir n’a de sens profond que dans « quelque chose » que l’on ne voit pas, ne comprend pas. Ce « quelque chose », ayant « été » depuis toujours, contient et soutient tout ce que nous sommes, ce que nos ancêtres ont été, ce que seront nos descendants. Il contient et soutient tous les événements proches ou lointains, tout ce qui a été, est et sera notre vie, notre société, notre civilisation, notre planète, et, en fait, tout l’univers. La Science n’en voit que les manifestations observables, mesurables, concevables. Les religions vont plus loin en essayant de donner un nom à ce « quelque chose », cet Ordre extraordinaire, ce Réel ultime au-delà du visible et de l’apparence.

Dans les deux cas – Science ou Religion – l’homme utilise sa faculté de « nommer », sans réaliser la plupart du temps que ce qu’il « nomme » à l’aide d’un vocabulaire qu’il choisit soigneusement – car ce qu’il nomme se doit d’être la Vérité absolue dans son entendement – n’est que la projection de la façon dont cet entendement fonctionne. Les mots ainsi trouvés comme « Vérité scientifique », « Ordre », « Ultime Réel », « Etre Suprême », traduisent plutôt des « concepts », c’est-à-dire ce qu’il entend et veut faire entendre par ces mots, au demeurant très évolués et riches de sens.

C’est dire que la Science décrit un Univers qui lui apparaît très relatif. Car, en fin de compte, c’est celui que ses sens lui font apparaître grâce au fonctionnement de son système cérébral et de toutes les machines et appareils à son service. Ces derniers sont inventés et construits grâce au fonctionnement du même système cérébral. Les sens d’observation, de déduction, de conception sont ainsi élargis et affinés, lui permettant d’établir une image de l’univers et de lui-même de plus en plus sophistiquée.

Mais l’image, aussi développée et raffinée qu’elle puisse devenir, n’est que l’image de l’univers et non sa réalité. Cette dernière reste à jamais inaccessible à une perception strictement cérébrale. C’est ce qui fera dire à Niels BOHR, célèbre physicien danois du début du 20e siècle, prix Nobel 1922 : « la Science ne décrit pas l’univers tel qu’il est, mais tel que l’homme le ressent ». Ainsi demeure un fossé infranchissable, celui qui sépare l’univers perçu par nos sens et nos machines de celui qui est réel.

La religion est également affectée par ce divorce entre le Connu – produit dans ce cas par nos sens poussés vers l’extrême de leur capacité de méditation et de perception dite spirituelle – et le Réel de ce Dieu, invisible et non descriptible, même par les théologies et discours les plus évolués.

Ce divorce est à la racine de ce qui constitue par exemple la faiblesse centrale du christianisme telle qu’elle se discerne en fin de 20e siècle et au début du 21e. L’immense majorité de ceux qui se disent chrétiens s’est laissée enfermer dans des « concepts » de Dieu et de la vie spirituelle, concepts savamment élaborés, puis transmis, pour ne pas dire imposés, par une certaine théologie. Cette dernière s’est donné pour devoir de « normer », c’est-à-dire fixer la norme, de ce que doit être cette vie chrétienne, une sorte de légalisme issu soit d’une réflexion cérébrale au sujet de Dieu, de sa nature et de ses exigences, soit d’une interprétation – autre effort cérébral – parmi tant d’autres, du texte biblique, alors que la vie authentiquement spirituelle rayonne puissamment l’Amour divin et non son explication théologique. Cette vie est issue d’une union naissante et grandissante EN Christ. Une naissance « d’En Haut », c’est-à-dire provoquée par ce Dieu invisible, infini et incompréhensible, complément crucial de la naissance « d’en bas », celle de la matière et de la vie biologique. Et l’union EN Christ est celle de l’union au Christ crucifié : « J’ai été crucifié avec Christ. Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit EN moi » écrira Paul l’apôtre dans Galates 2 :20.

La source et l’authenticité de cette vie de Christ EN nous n’ont rien à voir avec ce qui est considéré comme une RELATION avec « Dieu ». Car, dans cette dernière, nous sommes invités à nous RELIER à ce que nous pensons et croyons que Dieu est. Ce « Dieu », fruit de notre croyance dans ce qui nous est enseigné, nous l’enfermons dans une certaine définition et description théologico-biblique de ce qui est perçu de Dieu par nos sens (intelligence et/ou émotions). Par exemple, nous conférons au Dieu que nous percevons une « nature », un « caractère », des « attributs », etc., etc.

Non, l’homme ne peut ni expliquer Dieu, encore moins arriver jusqu’à Lui pour le rencontrer. Parce que dans sa démarche, celle de toutes les religions du monde, il n’aboutit qu’à un concept, une « image » de Dieu, qu’il cherche quelquefois de tout son être, bien au-delà de la Raison raisonnante. Il aboutit ainsi à une adoration de cette image, dans sa relation à cette dernière. Réalisant très rarement que dans cette « image » qui reflète le fonctionnement de ses propres sens et sa façon à lui de concevoir « Dieu », il se projette … lui-même ! Et dans cette adoration de l’image, il s’adore ainsi lui-même ! Il n’y a pas de cause plus profonde et plus directe aux conflits qui déchirent nos églises, au sommeil spirituel qui les paralyse.

Bien plus haut dans ce texte, a été cité seulement le début du verset 15 d’Ecclésiate 3 : « Ce qui est, c’est ce qui a été, et ce qui sera, c’est ce qui a été ». Ce verset se termine par des mots bouleversants : «  … et Dieu cherche ce qui est poursuivi » (version interlinéaire hébreu-anglais).

Si l’homme ne sait pas trop s’il cherche Dieu ou non, peut-être un Dieu imaginaire, un concept de plus, par contre Dieu cherche l’homme ! Pas à l’aveuglette mais ayant placé l’homme, tout homme et en tout temps, sur une trajectoire, celle de sa vie. Non pas une trajectoire soumise aux lois du hasard ou de la nécessité, mais une trajectoire soumise à une force irrésistible. La force d’attraction exercée par Dieu envers sa créature, car l’homme, comme tout dans l’univers, a été fait pour Dieu, afin que puisse s’accomplir ce qu’Il avait conçu et préparé de tout temps : « de réunir TOUTES choses EN Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre » (Ephésiens 1 :9,10).

Ainsi l’homme est poursuivi afin que ce soit Dieu qui le rattrape, qui le rencontre effectivement, soit durant l’existence de l’homme ou au dernier moment de cette dernière. Le « est » ou le « sera » du moment et des circonstances de cette rencontre ne seront possible que grâce à cette extraordinaire réalité d’être contenus dans ce qui « a toujours été ». Réalité invisible, parce qu’éternelle (2 Corinthiens 4 :18), rendant possible une rencontre de Dieu avec l’homme parce que déjà effectuée, depuis toujours. L’homme ne peut rencontrer Dieu par lui-même, il n’aboutit qu’à un concept, une idée, une théologie, somme toute une religion, toute construite, élaborée et raffinée par ses propres efforts.

Mais Dieu a non seulement rencontré l’homme en Christ, Il s’est réconcilié avec lui, toujours en Christ (2 Corinthiens 5 :19). Une rencontre et une réconciliation œuvrées depuis toujours, manifestées toutefois dans le visible du temps et de l’espace … sur la Croix de Golgotha. C’est ce qui amènera Paul à écrire à l’église de Rome : « Nous avons été crucifiés avec Christ » (Romains 6 :6 et 8). Bien sûr, nous n’étions pas physiquement cloués avec Lui sur la Croix. Nous n’en avions d’ailleurs pas besoin, puisque, comme tout ce qui est Réel, c’était déjà effectué, depuis toujours. La portée, la puissance de l’œuvre effectuée à la Croix sont éternelles, grâce au sacrifice éternel de cet Agneau « immolé dès avant la fondation du monde » (Apocalypse 13 :8). Le « manifesté » de Golgotha, entré dans l’Histoire depuis plus de vingt siècles, a été rendu possible grâce au caractère éternel de l’œuvre effectuée à la Croix. Ce qui « est », c’est ce qui a toujours « été », une fois de plus. C’est pourquoi on ne peut plus être intrigué par le sens donné en hébreu au mot « bois », traduit par « arbre » dans Genèse 2 :9 (l’arbre de vie). Ce n’est que dans Deutéronome 21 :22,23 que l’on trouve ce même mot, ce qui permet de paraphraser « arbre de vie » par ces mots bouleversants : « le bois sur lequel est pendu le condamné à mort et d’où sortira la vie ». L’œuvre de la Croix, œuvre de brisement pour que surgisse la Vie, faisant partie intégrante de l’histoire de l’univers, est placée « au milieu du jardin », c’est-à-dire au centre de notre histoire, dès le commencement de notre histoire.

Le voilà exprimé, ce Réel ultime, cet Ordre qui soutient tout ce qui est vie, mouvement et être.

Certes, ce que nous sommes, ce qu’est l’univers, constituent une manifestation visible et exprimable dans le temps et dans l’espace. Mais la vie, cet « animé » qui est source de conscience, de capacité d’exercice des sens, de faculté d’expression et d’espoirs souvent trahis, d’inspiration et de souffrance, n’est qu’un souffle qui passe, ayant traversé ce jardin de notre histoire, pour ne plus y retourner. Est-ce là notre destin, de vivre enfermés dans les limites spatio-temporelles de cette histoire, pour finir dans le néant d’où nous avons émergé ?

NON est la réponse ferme et définitive à cette angoissante question qui a toujours hanté l’homme dans son existence.

Car la poursuite de l’homme par Dieu, c’est une recherche qui assurément aboutira, dans des circonstances et un temps que l’homme ne connaît pas d’avance. Cette rencontrer aura lieu, sans aucun doute elle « sera » … parce qu’elle a eu lieu depuis toujours. Elle a toujours « été », pour une union éternelle EN Celui qui est VIE, sens ultime de notre personne, de notre identité. Une union faite pour devenir Connaissance.

Une telle rencontre ne peut être que le thème central de la Bonne Nouvelle, Evangile éternel, lumière qui jaillit dans l’Histoire pour lui révéler son Sens et son Aboutissement.

C’est vrai, nous vivons … « des temps exceptionnels dans l’évolution de la Connaissance ».

Si la Science est arrivée à ce carrefour unique dans son Histoire, c’est pour que l’homme qui s’interroge perçoive enfin et reçoive cette Lumière qui était venue dans son Histoire. Lumière à peine reçue, souvent rejetée. Et nous, témoins de cette Lumière, saurons-nous la replacer sur cette montagne dont nous l’avons descendue pour l’étouffer par le vécu de notre prétendue foi ? La replacer, c’est y retourner, c’est y demeurer … en découvrant à nouveau que le nom de cette montagne c’est Golgotha. Revenir à la Croix, voilà la démarche ultime pour ces temps exceptionnels. La seule démarche qui permettra à la Connaissance de libérer notre civilisation au lieu de l’asservir.

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EXCEPTIONAL TIMES IN THE EVOLUTION OF KNOWLEDGE

Sergei Tarassenko – nuclear physicist – Swanage – May 7, 2006

Translated from French by Patrick Schær with amendments by Luke Tarassenko

We certainly live in exceptional times, one of the more puzzling elements of which is the scientific search for an ultimate sense to the drama of man and his history. I refer, amongst other things, to a work recently published in France by Presses de la Renaissance called “Science et quête de sens”, in which scientists of the highest level, including four Nobel Prize winners, specialising in a wide variety of fields, express their different positions. They address the recent evolution in scientific knowledge of which I speak that will drastically change our vision of the world through its search for meaning.

In particular, this evolution has been characterised by the advent of New Physics. This discipline was formed following scientific discoveries made during the first thirty years of the 20th century, essentially following a thorough exploration of the subatomic Universe. The scientists of the time were brought face to face with a strange and unforeseen reality that seemed to defy a logical, Cartesian description of the Universe. They realised with much difficulty that their mechanistic concepts, inherited from thinkers such as Descartes and Newton, and the language and way of thinking that came with them, were inadequate when it came to describing the fruits of their discoveries.

The resulting problems were not only intellectual in nature, but gave rise to an existential crisis too. It took many years to overcome this crisis. However, the New Physicists did emerge from it eventually, newly and firmly equipped with a more thorough vision of the nature of matter and of its direct connectedness with the human mind.

These new concepts brought considerable upheaval to the way we view man and the Universe he inhabits. On abandoning the mechanistic conceptions of Descartes and Newton, according to whom the world is composed of clearly defined, divisible objects that are governed by rigid, predictable, mechanical laws, we come to a fundamentally different understanding. We are now able to develop and use a holistic and ecological paradigm whereby the Universe and man form an organic, non-dissociable whole that resists division into separate components. The shift is therefore from the mechanistic to the holistic. This leaves us with a vision startlingly similar to that of mystics of all times and cultures, who have somehow arrived at it without the help of scientific methods.

Still more strikingly, this new vision, while using a language of description which it developed itself, is curiously similar to that of an extraordinary book, one which never fails to astonish: The Bible. The parallels between the visions of New Physics and the Bible are most apparent if we return to the Hebrew of the Old Testament, along with the commentaries of the rabbinical schools, and the Aramaic in which Jesus taught. Of course we should not ignore the importance of Greek, the original language to seize the extraordinary Pauline vision of the epistles, as well.

One of the most startling examples of such a parallel consists in the conceptions of the hidden truths that lie behind the appearance of things. All in all, what is the ultimate reality, the one that includes all the hidden truths? What is the purpose that all things point towards?

On the one hand, New Physics informs us that the ultimate reality is of course invisible, being independent of time and space and as such not describable in terms of our perceptions. The reality that it penetrates into, then, is of an extraordinary order, in the end exceeding all imagination and especially explanation. It is “implicit”, that is to say it consists in everything, all life, all living beings, without being directly expressed as such. This order “sustains” and makes possible all that is visible, all that appears, all that is measurable, conceivable, imaginable. Furthermore, because it is not only our notion of space that collapses with the most refined understanding of all matter as interconnected and unified, but of time also, it follows that the ultimate reality “contains” all that was, all that is, and all that is still to appear to us in our space-time prison. What appears to us as an “event” visible to us in our life is, whether viewed at the atomic level or in the context of the whole history of the Universe, in fact only possible because all of the “ingredients” -all the elements which bring about the event- have “always been” in existence as a part of this ultimate reality or order.

On the other hand, if we turn to the Bible for an answer to our question about the nature of ultimate reality, we find, amongst others, this somewhat cryptic verse in the Book of Ecclesiastes (Ecl 3:15), “Whatever is has already been, and what will be has been before.” All in all, the “is” and “will be” have always been contained in what “has been”.

What is going on in our life, as well as what will happen in the future, has its deep meaning only in “something” that cannot be perceived or understood. This “something”, “having been” since always, contains and sustains all that we are, all that our ancestors were, and all that our descendants will be. It contains and sustains all the events, near or distant, that ever were, are, or will be, all our life, our society, our planet and in fact the entire Universe through all of its history. Science can only grasp the observable, measurable, conceivable manifestations of it, but religion goes further in trying to give a name to this “something”, this extraordinary order, this ultimate reality, which is beyond what is visible and apparent.

Both approaches –those of science or of religion- involve man’s use of his faculty of “naming”, without realising that most of the time what he “names” using his well-chosen vocabulary, because to him what he names must constitute the ultimate reality in his understanding, is only a projection of the way in which this understanding functions. Thus words like “scientific truth”, “order”, “ultimate reality” and “supreme being” correspond not to actuality but rather to  “concepts” –that is, what he understands and wants to express by these words, however sophisticated and “meaningful” they may be.

Science then describes a Universe that appears very relative to her. For, in the last analysis, it constitutes all that man’s senses permit him to discover thanks to the functioning of his cerebral system and the machines and devices at his service. The latter are themselves invented and built thanks to the functioning of that same cerebral system. His capacity for observation, deduction and conception are thus widened and refined, enabling him to establish an increasingly sophisticated picture of the Universe.

But this picture, as developed and refined as it can become, is only a picture of the Universe and not its reality. The latter remains forever inaccessible to strictly cerebral perception. This is what made Niels Bohr, a famous Danish physicist of the beginning of the 20th century and Nobel Prize winner of 1922, say: “Science does not describe the Universe such as it is, but such as man feels it.” There remains an inseparable gulf that divides the Universe perceived by our senses and our machines and the Universe that is.

Religion is also affected by this divorce of the known –produced in this case by our senses being pushed to their limits through meditation and so-called “religious experience”- and the reality of God, invisible and indescribable, even by the most advanced theologies and philosophies.

This divorce is the root of, for example, what we can discern as the central weakness in Christianity at the beginning of the 21st century. The immense majority of those who call themselves Christian let themselves be trapped by “concepts” of God and of the spiritual life, concepts rationally formulated and then handed down, even imposed on them, by a certain theology and its proponents. The latter have made it their duty to “normalise” the Christian life in setting what they see as a certain standard for what it must be. This basically adds up to a kind of legalism whereby the Christian is encouraged to commit to a set of rational propositions about God and “interpretations” of the Biblical text, which are purely cerebral in nature, whereas the authentically spiritual life is centred in and radiates the Divine Love and not its theological explanation. This life results from a growing union IN Christ. Birth into this “from above”, instigated by the invisible, infinite and incomprehensible God, crucially complements the birth “from below”, that which concerns matter and biological life. And this union IN Christ is only possible through his cross: “I have been crucified with Christ and I no longer live, but Christ lives IN me” writes Paul in Galatians 2:20.

The source and authenticity of this Christ-life IN us has nothing to do with what is regarded as “relationship with God”. This is because, where the latter is concerned, all that we are invited to “connect” to are our concepts and images of God, rather than the reality of God, so that in the end all we are left with is indeed our relationship with what we think and believe God is, not God Himself. This “relationship”, the fruit of belief and what is taught and felt, is shut up in a certain definition and theological-Biblical interpretation of what is perceived about God by our senses (intelligence and/or emotions). It leads us to confer upon the God whom we perceive a “nature”, a “character”, “attributes”, and so on.

Assuredly, man cannot explain God, even less reach Him to meet Him. For in this reaching, that of all of the religions of the world, he only ends up with a concept, a picture of God, a God he is desperately searching, reaching far beyond what Reason can offer. He finds himself thus worshipping a picture, a relation, realising only very rarely that in this picture, which only reflects the functioning of his senses and his own way of forming a notion of “God”, he projects… himself! In the worship of his picture, man worships himself! There is no more major and direct cause to the conflicts that plague our churches than this, the spiritual sleep that comes with this subtly-disguised religious self-worship!

Earlier in this text the beginning of verse 15 of Ecclesiastes 3 was quoted: “Whatever is has already been, and what will be has been before.” This verse ends in the deeply moving words: “For God seeks what is pursued” (Hebrew-English interlinear version).

We see that on the other hand, God seeks man! Not blindly, but having placed man, any man and in any time, on a trajectory, that of his life. This is not a trajectory subjected to the laws of chance or even of necessity, but a trajectory subjected to an altogether different, irresistible force of attraction God has applied to man and the Universe as a whole. For man, as is the case for all of the Universe, was made for God so as to accomplish all that He had conceived and prepared from time immemorial, that is “to bring ALL things IN Christ, things in the heavens and things upon the Earth” (Ephesians 1:9,10).

Man is pursued so that it is God who catches up with him, who indeed meets with him, during the existence of man or when it comes to an end. The “is” or “will be” of the temporal moment and spatial circumstances of this meeting, whether it occurs during man’s lifetime or closer to his death, will be possible only thanks to this extraordinary reality that contains what “has always been”. Invisible reality, because eternal (2 Corinthians 4:18), makes possible a meeting with God -in it the meeting has already taken place, since always.

But God has not just met man in Christ, He has reconciled us with Him, always in Christ (2 Corinthians 5:19). This meeting and reconciliation have been in action, but their particular manifestation in time and space was on the Cross of Golgotha. This leads Paul to write to the Church of Rome “We have been crucified with Christ” (Romans 6:6,8). Of course, we were not physically nailed with him on the Cross. We do not need to have been, since the “event” of the crucifixion is really an expression of something timeless and spaceless having “always been” in the ultimate reality in which we participate and share in a way that cannot be explained with words. The influence and power of the work carried out on the Cross is eternal, thanks to the eternal sacrifice of this lamb “slain from the foundation of the world” (Revelation 13:8). The “manifestation” at Golgotha, that in history took place more than two thousand years ago, is only possible because of the eternal nature of the work carried out on the Cross. Here again, whatever “is” has “already been”. This solves the puzzle of the meaning given in Hebrew to the word “wood”, translated as “tree” in Genesis 2 (the tree of life). It is only in Deuteronomy 21:22,23 that this word recurs in such a way as to allow paraphrasing “tree of life” with “the wood on which is hung the condemned to death and from whom life will go out”. The work of the Cross is a work of brokenness so that life may emerge. It works as the integral part of the history of the Universe and as such is placed “in the middle of the garden”, at the centre of our history. Indeed, all history is encapsulated by it.

Here is expressed ultimate reality, the order that sustains all life, movement and being.

Of course, what we are, what the Universe is, constitutes a visible and expressible manifestation in time and space. But life, this “animated” life which is our consciousness, our capacity for exercising our senses, our faculty of expression, our oft betrayed hopes, our inspiration, our suffering, is merely a breath which passes through this garden of history, not to return. Is it our destiny then, to briefly live confined by the limits of space-time, and then end in the void from which we emerged?

NO is the firm and final answer to this alarming question that has and will always haunt man in his existence.

For the pursuit of man by God is a research that will undoubtedly succeed, in a circumstance and at a time that man does not know in advance. This meeting will take place; without a doubt it “will be” because, timelessly, it has “always been”.  Our ultimate identity is to be found in eternal union IN the One who IS, who IS LIFE. A union made to become Knowledge, not rational knowledge, but true whole Knowledge, “Oneness”.

Such a meeting can be the only central topic of the Good News, the eternal Gospel, the Light, which shone out in history to reveal its meaning and purpose.

It is true; we live in exceptional times in the evolution of knowledge.

If science has reached a unique crossroads in its history, it is so that the man who questions himself may finally receive this Light. This Light is scarcely received, often avoided because man clings to his images and his pictures. We are witnesses of this Light. Will we be able to put it back on the mountain that we have brought it down from in order to stifle it with the experiences of our alleged emotional and intellectual “faith”? To bring it back, to go back there, is to discover that the name of this mountain is Golgotha. This is the defining step for these exceptional times: To come back to the Cross. This is the only step that will allow knowledge to free our civilisation instead of enslaving it.

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